Contre la tempête du progrès pour une insurrection pacifique

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Le 20 janvier 2018

La vie 11 janvier 2015

RESPECTS pour Charlie et les autres

Depuis quelques jours, après l’abjection qui a tué 17 personnes, les rassemblements se multiplient pour, à l’évidence, témoigner de l’attachement à la liberté, à la sécurité et probablement manifester le refus d’accepter que la peur s’installe dans nos vies.

Les défilés toujours plus massifs, la Marseillaise entonnée par la foule, les applaudissements spontanés, des écriteaux fièrement affichés nous encouragent dans ce moment de compassion.
Manifestations, solidarité, le refus de l’innommable ne doivent pas dissimuler les question qui à court terme devront trouver des réponses.

Avant et après les 7, 8 et 9 janvier 2015 :

Ces trois jours ont permis à trois hommes bien armés et déterminés, de paralyser la France dans un état de terreur jamais atteint. La violence des actes sauvages qui ont été perpétrés nous montre que nous avons basculé dans une nouvelle ère de sauvagerie.
Des individus formés sont capables de perpétrer des crimes avec un sang froide de professionnels de la guerre et finalisent leur acte avec le sacrifice de leur vie. Terrifiant.

Exorciser la peur

"L’angoisse est la rançon de l’être" écrivait Maurice Clavel. La rançon, mot sublime ! La condition à payer pour Etre. Si la crainte (la peur, l’angoisse) est une rançon, elle est aussi une récompense. Elle mesure la différence entre l’arrogance et la circonspection, entre le coup et la caresse, entre l’indifférence et la bonté, entre l’insensibilité et la beauté.
Pour exorciser notre peur ici en France il faut (il fallait) prendre conscience du mal qui s’est développé depuis les années 1930 (Frères musulmans égyptiens). Les groupes nombres ont alors menacé le monde : le Hezbollah contre l’ambassade américaine à Beyrouth en 1983 (63 morts), l’Armée islamique du salut (AIS), au début des années 1990, qui massacre 500 villageois de la commune de Relizane, Algérie, des attentats partout. Et la guerre qui enflamme le Moyen-Orient, l’Afrique, ... Et maintenant des décapitations mises en scène sur le web pour montrer à quel point le mal est terrible.

Comment en est-on arrivé là  ?

Il ne sert à rien de chercher des explications que nos bons "experts" ne vont pas tarder à nous exposer. Quelques uns ont déjà distillé leurs avis : "Si nous n’avions pas fait la guerre totale à la communauté musulmane avec Bush en Afghanistan puis en Libye, au Mali, en Irak, ...". "Dans des projets géostratégique qui n’aboutissent qu’à augmenter le chaos et grossir les rangs des fondamentalistes ...". "Si nous n’avions pas laissé nos banlieues sensibles à leur violence et à l’économie parallèle qui leur permet de vivre...". Charlie dirait : "Si ma tante en avait ..."
Il faudra bien, et vite, qu’au delà du compassionnel les "politiques", français, européens et tous leurs alliés, surtout les pays musulmans, se penchent sérieusement sur le problème de cette gangrène qui vient de démontrer une fois de plus quelle peut frapper partout et quand elle veut.

Charlie Hebdo, le journal est sauvé. Mais à quel prix ?

L’hebdomadaire va probablement être sauvé de la faillite financière vers laquelle il s’engouffrait. C’est très bien. Mais était-il seulement imaginable, début janvier, qu’il faille tuer douze personnes pour sauver un journal ?
Les ventes étaient tombées au plus bas, les critiques étaient nombreuses à propos d’une ligne éditoriale assumée mais peu soutenue, ni par les confrères journalistes, ni par les potentiels lecteurs et encore moins par la "clique" politique. Aujourd’hui tout le monde se revendique de cette rédaction. C’est très beau. Mais inscrivons cet engagement dans la durée. Ce qui veut dire que nous souscriront, dans la durée, demain à la ligne éditoriale de l’équipe qui fabriquera le journal.

Nous ne sommes pas tous des Charlie

Charlie Hebdo réaffirme le 8 février 2006 (date de la publication des caricatures de Mahomet) son ADN : le sens de la provoc, la nique à toutes les religions, le refus de la censure et de l’autocensure ... « Pas de posture, pas de comédie, pas de putasserie, pas de tricherie, pas de raffinage, du brut, de l’honnête ! »
Mais les difficultés s’entassent : un procès de deux ans, le départ de Philippe Val, l’incendie de la rédaction en novembre 2011, la baisse du lectorat ...
Peu de français alors étaient des "Charlie".
C’est dans la plus grande indifférence que le journal se débat pour sa survie et essuie fin 2014 un refus du Président de la République pour une aide financière.
Il est difficile de se reconnaître libre penseur, anarchiste, provocateur, ...
Alors méfions nous de ne pas trop nous engager sur une voie que nous aurons du mal à tenir.
Jacques Solomiac