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Le 1er avril 2020

Climat 14 novembre 2008

Pour la planéte, il faut réagir ... et vite

Le glaciologie Claude Lorius est très pessimiste : "... en ce qui concerne la crise climatique, on sait que même si on stabilisait aujourd’hui les émissions de CO2, ce gaz à effet de serre ne disparaitrait pas pour autant".

Né en 1932 à Besançon, père de la glaciologie moderne, Claude Lorius a reçu, le mercredi 12 novembre 2008, à Tokyo, le prix Blue Planet, l’une des plus prestigieuses récompenses internationales dans le domaine de l’environnement. En 1987, avec Jean Jouzel et Dominique Raynaud, il a été le premier à exploiter la présence de CO2 dans les carottes de glaces polaires pour établir un lien expérimental entre les changements climatiques et les concentrations des gaz à effet de serre.

Des interactions infernales

"Je ne crois pas que l’homme va disparaitre. Les paysages vont changer, les glaciers vont fondre : la liste des impacts est impressionnante parce que, sur cette question, tout est interdépendant... Ainsi, si le permafrost - ce couvercle de glace qui recouvre les sols arctiques - fond, il va libérer du méthane qui, en retour, va accentuer l’effet de serre et aider ainsi à la fonte des glaces. Et plus la surface de celles-ci diminue, plus leur pouvoir réfléchissant disparaît, amplifiant encore le réchauffement..."

Les politiques au pied du mur ?

"... Regardez le Grenelle de l’environnement ! C’était un bel effort, mais au final, il n’y a pas l’argent suffisant pour mener une politique efficace à court terme... La moindre velléité de mettre une taxe sur les 4à—4 rend les politiques fébriles de devenir impopulaires... et ce n’est pas en habillant Total en vert qu’on va changer quoi que ce soit."

Fausse route ou manque de discernement ?

"Le développement durable est une notion à laquelle je ne crois plus. On ne peut pas maitriser le développement. Et pour être durable, il faudrait être à l’état d’équilibre, or cet équilibre n’existe pas. C’est un terme trompeur. Avant, j’étais alarmé, mais j’étais optimiste, actif, positiviste. Je pensais que les économistes, les politiques, les citoyens pouvaient changer les choses. J’étais confiant dans notre capacité à trouver une solution. Aujourd’hui, je ne le suis plus... sauf à espérer un sursaut inattendu de l’homme.

Extraits : Un expert du climat appelle à "un sursaut de l’homme"
LE MONDE du 11.11.08 dans un entretien avec Laurent Carpentier.