Contre la tempête du progrès pour une insurrection pacifique

Ça se passe aujourd'hui

Le 11 décembre 2017

Bel et indispensable ouvrage de pollinisation
© Photo : Jacques Solomiac

Editorial 23 novembre 2015

Peur, ...

Des morts, assassinés là¢chement, des blessés qui, s’ils survivent, seront marqués à vie par cette effroyable tuerie. N’en déplaise à tous ceux qui voudraient que rien ne change ("Même pas peur") il s’installe en France un climat de crainte et de doute.

Les actes de terrorisme de l’année 2015 ont hélas des précédents. Sans remonter à l’an 1800 (22 personnes périssent dans une conjuration royaliste qui vise à tuer Napoléon Bonaparte), la France a toujours été le terrain de nombreux actes terroristes. Les justifications ont été : politiques, régionalistes, nationalistes, religieuses, etc.

Tous Charlie !

Les meurtres perpétrés en janvier 2015 à Paris ont suscité un grand élan de mobilisation avec comme motivation la défense de la liberté d’expression.
Quelques semaines après la vie avait repris son cours normal. L’égoïsme, l’individualisme, le rythme effréné de nos activité, ... ont gommé ce bel enthousiasme du vivre ensemble et de défense, à tout prix, de la liberté.
Charlie, l’hebdomadaire, est redescendu dans l’estime de tous ces français qui se disputaient le titre dès sa reparution et se bat à nouveau pour trouver sa place, d’indépendance et de liberté d’expression, dans les étals des points presse. La stigmatisation de l’Islam, en général et sans discernement, est venu porter un bon coup à la notion même de laïcité, sans que personne ni prenne garde.

Tous Paris !

L’horreur meurtrière a recommencé ce 13 novembre 2015. La tension est montée d’un cran. Mais il faut résister, ne pas avoir peur. Facile à dire.
Les annulations de manifestations, les rideaux baissés et le passage en boucle, pendant huit jours, sur les écrans, des mêmes images comme si les caméras s’étaient enrayées.
Les émissions spéciales des radios qui n’ont rien de plus à dire que de faire témoigner, ceux qui ont échappé au massacre, sont autant de raisons d’alimenter le doute et la peur.
Les "politiques" eux nous parlent de guerre. Ils votent avec un bel enthousiasme l’état d’urgence en oubliant simplement qu’ils ont voté déjà des Lois qui ne sont pas appliquées. Et n’ont aucune retenu à déclarer que la menace bactériologique ou même chimique est tout à fait possible. Du grand art pour distiller l’angoisse et la crainte.

Commerce et diplomatie.

Finalement, la guerre, les guerres, s’alimentent un peu partout dans le monde (mais surtout au Moyen-Orient) avec des armes : blindés, avions et autres joyeusetés qui sont au premier rang de notre commerce extérieur. Profits nécessaires à une économie vacillante qui ne se soucie pas des vies humaines qui sont fauchées par milliers dans l’indifférence générale.
Pour préserver, chez nous, la liberté et la paix, il faudrait peut-être mieux choisir nos amis et nos partenaires. Le commerce nous lie avec des pays qui alimentent le terrorisme. Des pays qui, même très riches, n’attirent pas les migrants de ces zones de guerre qui sont pourtant très proches.

Épilogue : La peur finalement va l’emporter. Même si la vie reprendra petit à petit le dessus quelque chose est cassé. Tout va trop mal autour de nous : le climat, les conflits, l’économie, ...
La peur serait alors le seul moyen de nous faire accepter les mutations rapides auxquelles l’humanité doit se plier sous peine de disparaitre. Et ce n’est pas seulement la Liberté que nous perdrons. Jacques Solomiac