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Le 18 août 2019

Avis de consommateurs 13 octobre 2008

Le banquier est il un commerçant ?

Oui bien sûr diront certains. Évidemment non répondront les autres. S’il était commerçant le banquier aurait un autre comportement avec ses clients de "guichet" et aussi une autre façon de gérer son entreprise.

Le service bancaire est imposé du fait même que tout employeur verse directement à la banque les salaires ou restituent un chèque à l’employé en contre partie de tout travail effectué.

Il n’y a pas si longtemps (séance du Sénat du 31 mai 2000) les sénateurs : MM. Gérard DELFAU, Yvon COLLIN et Jean-Michel BAYLET faisaient une proposition de Loi pour ouvrir à tous les services bancaires. Extraits :

"Il faut bien en convenir : l’accession de toutes les couches de la population aux services bancaires de base n’est plus aujourd’hui réalisée, alors qu’il s’agit d’un élément constitutif de la citoyenneté.

Le ministre Clémentel, au sortir de la grande guerre avait certes imposé la création des Comptes Chèques Postaux, démocratisant ainsi l’accès au droit au compte et aux moyens de paiement. La Poste a assuré ce service à la satisfaction générale, durant une soixantaine d’années, ne prélevant qu’une somme modique pour l’ouverture et la tenue du compte. Après la seconde guerre mondiale, et parallèlement, l’Etat favorise la "bancarisation" de tous les Français et l’utilisation du chèque pour rendre transparents et fiables les mécanismes de paiement. Cet équilibre sera toutefois rompu avec la montée du chômage entraînant par là même le phénomène de l’exclusion bancaire qui n’échappe pas aux pouvoirs publics : en 1984, la loi bancaire établira le "droit au compte" sous la responsabilité de la Banque de France. Une Charte bancaire, en 1992, confirme cette disposition, tandis que la loi sur l’exclusion, en 1998, se borne à reprendre cette formulation, sans s’attaquer aux racines du mal."

Projet de Loi complet : ici

Le bien et le mal

Si la banque c’est la sécurité pour la gestion de son argent personnel à contrario l’effet pervers de la contrainte d’utiliser les services bancaires peut prendre plusieurs formes :
- la banque sait (presque) tout de l’individu ou de la famille qui ouvre un compte,
- la banque s’enrichit avec ses services qui sont loin d’être gratuits (voir le lien ci-dessous),
- la banque pénalise les moins riches. Effet pervers du système c’est avec les plus pauvres que la banque gagne le plus d’argent : agios sur découverts, crédits, pénalités en tous genres.
- la banque peut se tromper : dans la gestion de l’argent qui lui est confié (Crédit Lyonnais avec Adidas et B. Tapie). Ces erreurs sont lourdes de conséquences pour l’Etat qui renfloue avec de l’argent public (issu lui même des impôts payés par les contribuables).
- la banque peut divaguer. C’est ce que nous vivons en 2008 avec des banques qui ont prêté ou emprunté sur des marchés fictifs et malsains.

Et encore une fois qui paiera ? Le contribuable bien sûr, nos chefs de gouvernements européens l’ont dit : vous ne craignez rien l’Etat paiera. Et avec quel argent ?

Anecdote locale

La Caisse d’Epargne à Saint-Sulpice n’est probablement pas un commerçant. Il y a quelques mois (fin 2007) un client de cet établissement fait l’effort d’informer le responsable de l’agence d’un possible délai entre un versement depuis un autre établissement du Groupe Caisse d’Epargne et la présentation d’un chèque.
Le client fournit les preuves du transfert et les coordonnées du banquier (de la Caisse d’Epargne de la région en charge d’effectuer le transfert).
- 48 heures après la visite du client à son directeur d’agence Saint-Sulpicien de la Caisse d’Epargne le chèque est présenté.
- 72 heures après, le versement qui crédite le compte, est effectif.

Bien que prévenu et rassurant le banquier fera payer à son client (trop prévenant) 9 euros de frais pour n’avoir pas pu maîtriser les délais de transfert dans le réseau Caisse d’Epargne.

C’est pas beau la vie de banquier ? Ils sont commerçants jusqu’au bout. C’est à dire que quoi qu’il se passe ils s’arrangent pour eux gagner de l’argent. Sur le dos des clients, des contribuables, tout est bon pour faire fructifier le bas du bilan de l’établissement.

Et contrairement au citoyen ordinaire le banquier ne risque rien. S’il perd l’Etat paye. S’il est remercié c’est avec une prime démesurée.