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Le 12 décembre 2017

Ecologie 31 août 2009

La voiture propre française "en panne"

« Pourquoi est ce que la France a pris un tel retard dans la mise en place de véhicules propres ? C’est quelque chose qui me plonge dans la perplexité. Si vous voulez acheter une voiture hybride aujourd’hui vous achetez Toyota, il faut absolument que nos constructeurs rattrapent ce retard. »

Le texte ci-dessus est un commentaire de M. Juppé (ancien Premier Ministre) qui vient de s’installer avec Michel Rocard à la tête de la commission pour le grand emprunt. Il répondait aux journalistes de France-Inter le jeudi 27 aout 2009.

Pour cette commission Rocard-Juppé la priorité c’est : inciter les constructeurs à développer véhicules électriques et hybrides.

Sur le site de Rue89 il est bien expliqué que la voiture propre en France c’est lhistoire d’un fiasco : "On se rend compte grà¢ce aux archives de l’INA que la voiture propre, ça fait cinquante ans qu’on l’annonce comme imminente [3] … et qu’on l’attend". Voir le site > ICI

Quelques citations extraites de l’article :

"Le problème n’est pas de savoir faire, mais de vouloir imposer. C’est ce qu’explique Nicolas Bernard, journaliste essais à Auto Plus :

"On sait faire des voitures électriques, mais tant qu’il n’y aura aucune incitation à en produire, les constructeurs ne les développeront pas car elles restent beaucoup plus chères que les autres. Techniquement, elles restent trop longues à recharger et manquent d’autonomie."

Le diesel, toujours le diesel, mais moins sale :
"... avoir misé sur le diesel depuis si longtemps qu’on a mis une éternité à se rendre compte que « tout est à repenser dans la voiture », comme l’exprime Gilles Le Blanc, économiste et blogueur de Rue89 :

"Avec l’aide de l’Etat, tous les efforts ont été portés sur le diesel, dont on a amélioré la technologie, qu’on a exporté comme innovation française (avec le moteur à injection directe HDI, les pots catalytiques…). La prime à la casse du récent plan de relance va dans le même sens : c’est une réponse à court terme mais qui rend le long terme plus coûteux, comme pour le dopage."

Nicolas Bernard remarque de son côté que "les voitures électriques restent hors de prix, au moins le double que les voitures normales. Il faudra plus que des incitations fiscales pour qu’elles se vendent", d’autant que le budget électricité sera équivalent au prix actuel du carburant.

Attention aux faux semblants. Car, comme le fait remarquer Bruno Marzloff, sociologue au groupe Chronos [10] :
"La voiture électrique est un risque et une chance. Il ne faudrait pas qu’elle absorbe toutes les énergies stratégiques des constructeurs. Elle donne l’occasion de développer une culture du services en réseau (alimentation électrique) sur laquelle peuvent s’adosser diverses formes de partage, donnant naissance à des services inédits et de nouveaux modèles mais elle ne règle pas la question des équilibres urbains et à la marge celle des pollutions."