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Le 15 novembre 2018

Editorial 20 août 2008

La guerre ... et l’Europe impuissante

Beaucoup de médias ont titré leurs chroniques : "La guerre aux portes de l’Europe" pendant ce mois d’août 2008. A bien réaliser le conflit qui oppose la Géorgie et la Russie est à nos portes. Paris est distante de Tbilissi (la capitale géorgienne) de 3415 km. Et la grande Europe est bien incapable de peser fermement sur les belligérants pour imposer la paix.

Après l’ex-Yougoslavie (voir la compilation d’articles du monde Diplomatique) qui a démontré la totale incapacité des organisations internationales et de l’Europe à imposer la paix à ses frontières le Caucase s’enflamme.

L’agitation des "politiques" semble ne servir à rien. Le Ministre français des affaires étrangères est passé à Tbilissi suivi du Président de la République (en charge pour ce deuxième semestre 2008 de la présidence européenne), de Condoleezza Rice pour les Etats-Unis, d’Angela Merkel la chancelière allemande, ... mais rien ne fait plier bagages aux chars russes qui sont aux portes de la capitale géorgienne (40 km selon des témoins).

La provocation est partout

Qui à commencé le conflit ? Pour les Russes c’est la Géorgie. Pour la Géorgie l’invasion des chars Russes avait commencé il y a plusieurs mois et devenait une menace trop présente pour attendre une soumission pure et simple. Les enjeux stratégiques sont grands dans cette zone "libérée" de l’ancien bloc soviétique. Et Moscou voudrait bien en finir avec ces territoires qui les uns après les autres se rapprochent de cultures occidentales.

Et puis, la Pologne qui vient, comme un pied de nez, d’autoriser les Etats-Unis d’installer, à l’horizon 2012, dix intercepteurs capables de détruire en vol d’éventuels missiles balistiques à longue portée.
Ces éléments du bouclier antimissile américain installés sur le sol polonais ne vont pas faire baisser la tension entre les russes et l’Occident. Sans compter que ce système est lié à un puissant radar qui sera installé en République tchèque. L’accord avec Prague a déjà été signé le 8 juillet 2008. Ces éléments font partie d’un vaste projet destiné à protéger le territoire américain d’éventuelles menaces de pays imprévisibles comme l’Iran (...ou la Russie ?).

Pourtant nos soldats sont à l’étranger pour rétablir ou maintenir la paix

La mort de 10 soldats français en opération en Afghanistan vient nous rappeler (le 19 aout 2008) la dure réalité d’un engagement militaire dans un conflit armée. Et quelle qu’en soit la motivation du pays qui s’engage c’est la vie des hommes détachés qui est en jeu.

Les opérations militaires extérieures OPEX de la France coûtent cher. "Les coûts des opérations principales, en arrondissant au million d’euros, sont les suivants : 7,5 millions d’euros pour l’opération Astrée en Bosnie et Croatie ; 103 millions d’euros pour l’opération Kosovo ; 115 millions d’euros pour l’opération Licorne ; 250 millions d’euros pour les opérations Héraclès et Pamir en Afghanistan ; 107 millions d’euros pour l’opération Épervier et 140 millions d’euros pour l’opération EUFOR au Tchad ; 80 millions d’euros au titre du Liban, le reste des opérations représentant 70 millions d’euros, soit un total, pour l’année 2008, de 880 millions d’euros pour les opérations majeures – chiffre qui devrait atteindre l’année prochaine, compte tenu des engagements pris par la France, 1 milliard d’euros environ.

à€ l’heure actuelle, 11 500 hommes sont engagés en opérations extérieures. Le surcoût des OPEX pour l’année 2007 a été couvert, pour partie, par une provision de 475 millions d’euros inscrite dans la loi de finances initiale. Cette provision est en progression constante et pourrait atteindre 500 ou 550 millions d’euros en 2009. En résumé, ce sont environ 290 millions d’euros qui ont été prélevés sur l’effort d’équipement global de la défense." Extrait du rapport de l’Assemblée nationale du 19 juin 2008.

Et bientôt l’Ukraine !?

Aux portes de l’Europe il y a aussi l’Ukraine. Un immense territoire calé entre la Pologne et la Mer noire. Cet ancien grenier de l’URSS est indépendant depuis 1991. Probablement pour rire l’ancien Président (et nouveau Premier Ministre) Poutine a souvent déclaré qu’il voulait faire de la Mer noire un lac Russe. Alors les observateurs qui voient passer de nombreux trains chargés de matériel militaire du coté de Tuapce vers Guerch et Sébastopol s’inquiètent. Ils n’ont peut être pas tord si l’on considère les prétentions des officiers de marine : "MOSCOU, 2 juin 2008 - RIA Novosti. Le commandant en chef de la Marine russe Vladimir Vyssotski envisage d’augmenter le nombre de navires de guerre à Sébastopol, indique lundi le quotidien RBC Daily."

Après la Tchétchénie et la Géorgie le prochain front de l’armée Russe serait il tout proche de s’ouvrir en Ukraine ?

Jacques Solomiac