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Le 22 mai 2018

Editorial 25 juin 2009

La Poste : dividendes ou service Public ?

France Telecom est très rentable. Les salaires ne représentent en 2008 que 30,61% de la valeur ajoutée contre 63% pour la moyenne des secteurs d’activités français (public+privé). A quoi servent ces gains de productivité hors normes ?

En 2008 le chiffre d’affaires de France Telecom était de 53,5 milliards d’euros. Le bénéfice de 4,1 milliards contre 6,3 milliards en 2007 accusait une baisse de 35%.

Les dividendes sont en hausse...

Les bénéfices distribués aux actionnaires n’ont pas suivi la tendance générale de baisse exprimée par les résultats. 3,385 milliards d’euros ont été distribués aux actionnaires en 2008 (sur les résultats 2007) et 3,660 milliards ont été distribués en 2009 sur les résultats de 2008. Une hausse de 7,5% à comparer à la baisse des bénéfices de 35%.

A ces chiffres qui font tourner un peu la tête en ces temps de "crise" il faut rajouter une promesse de 1,563 milliard d’avance sur les résultats 2009 (?!)

De très bons résultats financiers et une réduction drastique des effectifs

En trois ans se sont 22 400 ont été supprimés et le plan de réduction de ces effectifs est programmé jusqu’en 2017 avec 2.000 suppressions de postes par an jusqu’en 2011, 3.000 à 3.500 suppressions d’emploi par an entre 2012 et 2014 et 6.000 emplois supprimés par an entre 2015 et 2017.

Comme dirait l’autre : c’est la reprise !

C’est d’autant plus étonnant que le service postal par exemple est en perdition. Il y a quelques décennies une lettre postée le lundi arrivait immanquablement le mardi. Le facteur était serviable et au guichet les prestations entièrement réservées aux services d’acheminement du courrier étaient rapides efficaces (avec du personnel aimable).

Aujourd’hui les guichets de la Poste c’est l’enfer. Il faut prendre un ticket, attendre, ne pas espérer le moindre apitoiement du fonctionnaire qui refuse d’afficher son nom sur le revers de sa veste et qui le plus souvent agressifs (pour dissuader les ralleurs probablement) ne vous fera pas le cadeau d’un sourire.

La lettre postée lundi arrivera dans 3 ou 4 jours au mieux. Pour être sur il faudra surtaxer l’envoi en "suivi", en "chronopost" ou en recommandé à des pris qui font honte.

La banque postale d’abord

Il ne faut pas être très futé pour s’apercevoir que les guichets des services postaux sont souvent nombreux mais qu’ils ne sont jamais tous occupés par un agent. Un sur trois semble être la règle. Nous usagers qui nous sommes déplacés avons le temps d’attendre.

Les services bancaires font office de fleuron de la Poste les petits bureaux des conseillers sont eux pourvus d’un agent jeune et dynamique (comparez le avec la personne du guichet du courrier vous verrez la différence).

Un credo :
Fidèle à ses missions d’intérêt général, performante dans son développement, efficace dans sa politique de maîtrise des coûts, ouverte à toutes les actions et à tous les partenariats lui permettant de mieux répondre aux attentes de ses clients, dotée progressivement d’une gamme complète, La Banque Postale appuyée sur le réseau de La Poste compte poursuivre et accélérer le parcours accompli au cours de ses trois premières années.
La confiance de ses clients, l’engagement des acteurs de la Banque, et la qualité de sa gestion et de son bilan constituent ses meilleurs atouts pour y parvenir.
Plus que jamais en 2009, pour La Banque Postale, ce sera l’intérêt du client d’abord, l’intérêt de la Banque ensuite .Extrait du communiqué de presse de la Banque postale du 24 mars 2009.

La banque c’est :
- 4,815 milliards d’euros de PNB
- 11,2 millions de comptes courants postaux
- 9,53 millions de clients en banque principale
- 480 000 clients Entreprises, Collectivités et Associations
- 5 191 Dab/Gab en France
- 270,6 milliards d’euros d’encours clientèle
- Plus de 6 millions de cartes bancaires, soit 11 % du marché
- 17 000 points de contact

Pour conclure : un service public en disparition, des actionnaires comblés, des clients pour payer. Tout va bien les affaires continuent. Jacques Solomiac