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© Photo : Jacques Solomiac

Editorial 29 juin 2015

Les monnaies alternatives, chacun pour soi

En multipliant les monnaies alternatives les toulousains ne sont pas "ensemble" mais font du "chacun pour soi".

L’usage d’une monnaie complémentaire et sociale a pour vocation d’inciter les acteurs de l’économie à produire et consommer localement dans le respect des humains et de la nature.
La première monnaie locale toulousaine est le Sel* Cocagne. Il existe depuis 1994 mais stagne autour de 250 membres. Les selistes (nom des usagers) se mettent d’accord sur le fonctionnement de la monnaie et notamment le débit et le crédit maximum autorisé ou le type de produits et services acceptés. Tout service rendu à un membre su Sel crédite le donneur de cocagnes, sur la base d’une heure = 60 cocagnes par exemple. Le Sel Cocagne est une monnaie temps.

Le Sol Violette a été créé le 8 mars 2011. Il est adossé à l’Euro : 1 Sol = 1 Euro ; les Sols sont disponibles dans deux banques locales et utilisables auprès de 188 partenaires. Le Sol Violette est critiqué par les puristes pour son attachement à l’Euro.

Début 2015 création de L’Oseille. Cette dernière initiative de monnaie alternative est très proche du Sel Cocagne. Mais les créateurs veulent aller plus loin : « L’Oseille est une expérimentation où on essaie de comprendre ensemble le fonctionnement de la monnaie, les avantages, les limites. Pour expérimenter les choses de façon fine, il est plus intéressant de repartir de zéro ».

Sauf quand multipliant les initiatives et les monnaies plus personne ni comprend rien.
Cocagne, Violette, Oseille, ... Autant de bonnes idées qui se perdent dans la cacophonie du chacun pour soi alors que l’idée même du S.E.L. devrait rapprocher ces communautés qui s’essayent à d’autres modes de partage et de solidarité.

Cette situation toulousaine montre bien la limite du vivre ensemble et au delà de la solidarité. Il n’est pas question ici de se regrouper pour créer une vrai force de proposition (même si pour cela il faut abandonner un peu de ses idées et faire consensus), mais de toujours se singulariser pour finalement ne rien changer. Jacques Solomiac

*S.E.L. : Système d’Echange Local