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© Photo : Jacques Solomiac

Editorial 16 mars 2010

Elections : La démocratie mise à mal

La démocratie c’est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Les élections permettent au peuple de s’exprimer, et par là , d’infléchir la politique du pays.

Plus de 53,64% des français inscrits sur les listes électorales n’ont pas voté ce 14 mars 2010 pour l’élection des conseillers régionaux.

Cette situation est catastrophique pour la démocratie.

Au lendemain du scrutin les déclarations de victoire ont triste mine. Même avec 29% des suffrages comment un parti politique peut-il dire qu’il est le premier parti de France ?

29% de 47% ça fait combien de français ? Environ 44 millions de français inscrits sur les listes électorales. 19.475.713 français se sont exprimés le 14 mars soit moins d’un tiers des 63,8 millions d’habitants en France. Pas de quoi pavoiser pour les candidats. Fussent ils en tête.

La faute est aux élus ?

Les explications fournies au lendemain de ce désastre ont pour certaines du bons sens. Mais pourquoi en être arrivé là  ?
Ras le bol, ça ne change rien, tous les mêmes, ... Les français ne croient plus à leurs élus.

Le dernier Président élu à déçu. Trop clinquant et trop loin des préoccupations des couches populaires.

Les socialistes avec leur "cinéma" interne sont une véritable honte.

Le cumul des mandats est caricatural du niveau d’incompétence intellectuelle des femmes et hommes politiques. Est-il possible d’être Député, maire de la 4e ville de France, Président d’une communauté urbaine de 650.000 habitants, Président du syndicat des transports, ... Et les exemples seraient très nombreux.

Un homme né le 20 juin 1928 doit-il se présenter pour un mandat de 4 ans ?

Avidité de pouvoir, d’argent parfois, (elles) ils ont fini par écœurer tous ceux qui subissent la crise économique qui s’installe durablement.

Enfin les tractations avant le 2e tour donnent la mesure des unités affichées avant le 1er tour. Unité nationale PS/Verts, puis : « Il n’y aura pas
d’accord PS-Verts partout », « Un accord partout sauf en Bretagne ». Et nous voilà repartis dans le "Grand Guignol" de la cuisine politicienne dans laquelle tout est prioritaire sauf l’intérêt général.

Un mandat sans attrait

Les Conseillers régionaux sont mal connus. Pourtant cette élection du 14 mars 2010 c’est : 254 listes et 20.584 candidats pour élire 1.880 conseillers régionaux. Soit une moyenne de 10 listes et de 791 candidats par région soit 3.000 candidats de plus qu’en 2004 et pourtant une campagne atone, illisible, invisible.

Les Régions ce sont les lycées, les transports publics (TER), le développement économique, la formation, l’emploi ...
Peu d’électeurs connaissent le mode de scrutin des régionales. Un scrutin par listes, à deux tours et mixte, avec attribution de 25% des sièges à la liste arrivée en tête et répartition des autres sièges entre les formations ayant recueilli plus de 5% des voix exprimées, sachant que les listes devront avoir atteint 10% des suffrages pour se maintenir au second tour. Ouf !

Les électeurs savent ils que les futurs élus ne siégeront pas six mais quatre ans ? C’est à cause du projet de réforme des Collectivité territoriales. Ce sera alors la dernière fois que nous élisons les Conseillers régionaux. Si la réforme pré-citée est menée à son terme.

La Politique à revoir

La politique ou la « science des affaires de la Cité » doit être mal pratiquée en France et plus généralement dans le Monde d’aujourd’hui.
Si nous aimions nos "politiques" nous leur apporterions notre soutient un peu plus manifestement que ce 14 mars.

Certains évoquent l’effet de la crise qui vient quand même de détruire en Europe 4 millions d’emplois.

L’abstention est-elle seulement l’expression d’un ras-le-bol général de la politique ou de manière plus complexe l’expression d’un découragement total de la société ?

La Politique est à revoir. C’est certain. Au delà de cette date du 14 mars qui met en évidence le phénomène il faut se poser la question de l’efficience des élus dans les collectivités et les institutions de la République. Le Monde change. Il faut s’adapter. Tous. Même les Politiques. Jacques Solomiac