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Le 13 décembre 2017

La vie 20 novembre 2009

Droits de l’enfant. 20 ans après

Adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 20 novembre 1989, la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) est le traité international le plus ratifié au monde (exception : Etats-Unis et Somalie). Vingt ans après, où en est-on ?

Il est bien sûr évident que cette Convention a amélioré le sort des enfants en de nombreux points de la planète. Mais malheureusement encore trop de jeunes enfants souffrent et meurent dans l’indifférence la plus cynique.

Le texte de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant a été un symbole. Au-delà des espoirs et des promesses il rappelle que chaque être humain peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés inscrites dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. L’enfant est un être humain, sujet de droits et de devoirs. Promouvoir et défendre les droits des enfants, c’est tout d’abord créer les conditions sociales, économiques et culturelles afin que tous puissent y accéder. C’est à ce prix que les droits de l’enfant seront véritablement respectés. Il faudra donc encore beaucoup de volonté politique et d’acharnement individuel et associatif pour que les dirigeants de la planète débloquent enfin les moyens pour y parvenir.

Santé : peut mieux faire

Les progrès les plus significatifs depuis 1989 ont été réalisés dans le domaine de la santé. Pour autant, ils restent relatifs : en 2008, 9 200 000 enfants (au lieu de 14 millions en 1989) mouraient encore avant leurs 15 ans. 2 millions d’enfants de par le monde ont contracté le SIDA et 35 % d’entre eux en meurent avant leurs 10 ans. Près de 90% de ces enfants vivent en Afrique subsaharienne où les médicaments, pourtant de plus en plus efficaces, tardent à arriver.
Malnutrition et accès à l’eau potable : situation dramatique
Le bilan, quoique meilleur qu’il y a vingt ans, reste dramatique : 4 millions d’enfants meurent avant 5 ans parce qu’ils sont mal nourris. Dans les pays en voie de développement, plus d’un milliard d’habitants n’ont pas accès à l’eau salubre et près de 3 milliards de personnes (plus de la moitié de l’humanité) ne sont pas équipées de systèmes d’assainissement. Près de 3 millions d’enfants meurent chaque année de maladies dues au manque d’hygiène et douze millions d’entre eux meurent victimes de pneumonie, de diarrhée et autres maladies évitables.

Exploitation par le travail : l’esclavage moderne

Aujourd’hui, plus de 200 millions d’enfants travaillent dans le monde, exerçant des activités qui nuisent à leur développement mental, physique et émotionnel. Les enfants sont contraints de travailler parce que leur survie et celle de leur famille en dépendent. Le travail des enfants perdure, même là où il a été déclaré illégal !?
Les enfants et les guerres : rien que de la chair à canon
300 000 enfants dans 44 pays de la planète, dont certains n’ont pas plus de 8 ans, participent directement à des conflits armés. Ils sont soldats, démineurs, espions, porteurs, esclaves sexuels... Certains autres ont appris à tuer et à torturer. Si leur nombre global reste stable, les pays ayant recours aux services de ces gamins sont eux de plus en plus nombreux. Au moins deux millions d’enfants sont morts ces 10 dernières années à la suite de guerres déclenchées par des adultes.

Exploitation sexuelle : les jouets des grands

Pour le bon plaisir d’adultes sans scrupules plusieurs millions d’enfants et d’adolescents sont prostitués ou exploités sexuellement à travers le monde. C’est avant tout un drame de pauvres. Même si l’on rencontre sur tous les continents des pédophiles, la très grande majorité des enfants prostitués et exploités sexuellement se trouvent dans les pays du tiers monde ou dans les catégories sociales très défavorisées des pays riches. La majorité de ces jeunes a entre 12 et 18 ans, mais certains ont à peine 8 ans et même des bébés sont parfois impliqués.

L’Education : encore un effort

Entre tous, l’éducation joue un rôle crucial. Car, même au milieu du chaos, elle peut restaurer un certain degré de stabilité et de normalité pour les enfants. Une amélioration sensible a été opérée depuis 20 ans et le nombre d’enfants non scolarisés est passé de 115 millions à 93 millions. L’éducation peut aussi permettre de semer la paix et la justice partout dans le monde.

La situation en France

Si la France est un des pays au monde qui respecte le mieux la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (le Canada et la Suède font figure de meilleurs « élèves »), le Comité a toutefois pointé de graves problèmes :
- la pauvreté qui touche 2 millions d’enfants avec ses conséquences désastreuses sur la scolarité, l’accès à la santé et au logement ;
- la discrimination qui pénalise les jeunes des banlieues issus de l’immigration ou d’Outre-mer ;
- la situation des mineurs étrangers isolés qui sont retenus dans les zones d’attente des aéroports ou qui errent dans les rues sans bénéficier d’assistance ;
- le recours excessif aux mesures répressives, par défaut de structures alternatives à l’incarcération des mineurs ;
- le fichage des enfants dans le fichier "Base élève" de l’Education nationale et enfin le projet de supprimer l’institution "Défenseur des enfants".
Quelques chiffres pour la France :
- 30% des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté sont des enfants.
- 130 000 adolescents sortent de l’école sans diplômes ni formation.
- 300 000 enfants vivent dans des conditions de logement indécentes ou sont en errance.
- 30 000 enfants vivent dans la rue.
- 150 000 enfants sont séparés de leur famille.

Extraits du site : droitsenfant.com (1)

Les droits des enfants sur le site de l’ONU : >ICI

Convention relative aux droits de l’enfant. Adoptée et ouverte à la signature, ratification et adhésion par l’Assemblée générale dans sa résolution 44/25 du 20 novembre 1989.
Entrée en vigueur le 2 septembre 1990, conformément à l’article 49. > ICI

(1) L’auteur de ce site : Jean-Charles CHAMPAGNAT,
Éducateur de formation, il a travaillé de nombreuses années dans le domaine de l’enfance et s’est impliqué dans le mouvement associatif. Ancien directeur du Service municipal de l’enfance de la ville de Fontenay sous Bois (94), il a notamment participé à la création de la Maison des droits de l’enfant. Ensuite, il devient Directeur du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) de la même ville. Aujourd’hui, il est Adjoint au Maire de la ville de Briis-sous-Forges (91) et travaille dans un syndicat intercommunal. N’étant plus impliqué directement dans le monde de l’enfance, il tente de poursuivre son modeste combat en faveur des droits des enfants en faisant vivre ce site.