Contre la tempête du progrès pour une insurrection pacifique

Ça se passe aujourd'hui

Le 20 octobre 2018

Editorial 19 janvier 2014

Dexia, reflouée deux fois, augmente les salaires de ses cadres

Rebondissement chez Dexia : la banque franco-belge doit aller mieux, elle augment trois de ses cadres de 30%.

Extrait du journal Le Point (Source : AFP) : "Trois dirigeants de la banque franco-belge en cours de démantèlement Dexia ont vu leur salaire augmenter de 30 % au 1er janvier, à 450 000 euros par an, révèle Le Journal du dimanche. Nommés mi-décembre au comité de direction de la banque, le directeur financier Pierre Vergnes, le responsable des risques Marc Brugière et le secrétaire général Johan Bohets ont vu leur rémunération passer de 340 000 à 450 000 euros, précise le JDD sans citer ses sources.

Sauvé de la faillite par les États belge et français à l’automne 2008, le groupe Dexia a été durement frappé par la crise de la dette, ce qui a rendu nécessaire un second sauvetage en octobre 2011. Selon la Cour des comptes, les déboires de la banque ont coûté 6,6 milliards d’euros à la France.

L’article de La Litote de 2009 :

Depuis le début de l’année 2008 les informations financière donnent le vertige.
L’exemple de Dexia est significatif de la grande manipulation organisée au détriment des contribuables.
Dexia est un établissement financier réservé au secteur public. C’est le résultat de la fusion entre le Crédit local de France et le Crédit Communale de Belgique.

Principaux actionnaires de Dexia au 31 décembre 2008

Caisse des dépôts et consignations17,61 %
Holding Communal14,34 %
Groupe Arco13,92 %
État fédéral belge via Société fédérale de participations et
d’investissement
5,73 %
État français via Société de prise de participation de l’État5,73 %
Groupe Ethias5,04 %
CNP Assurances2,97 %
Région flamande via le Vlaams Toekomstfonds2,87 %
Région wallonne2,01 %
Région de Bruxelles-Capitale0,86 %

Dexia est une banque d’affaires internationale. Elle occupe la place de leader mondial sur le marché du financement des équipements collectifs et des services financiers des collectivités.

Mais comme banque d’affaires le groupe s’est engagé dans des opérations hasardeuses. Elle a garanti des produits insolvables sur le marché américain. Sur des créances liées aux collectivités locales d’abord, puis sur des produits beaucoup plus discutables, comme des créances immobilières de type « subprime » sur lesquelles les dirigeants de Dexia avaient imaginé (probablement) une forte source de revenus. Dexia a joué. Dexia a perdu.

Si l’on considère que Dexia finance des équipements publics la banque elle est remboursée avec de l’argent public (produit fiscal local et subventions des Etats). La morale de cette actualité est bien triste car elle révèle le manque total de contrôle de l’usage qui est fait de l’argent des contribuables.

Premier acte :

Un article de La Tribune du 30/01/2009 annonçait les informations suivantes :

"La banque franco-belge Dexia, spécialiste du financement des collectivités locales, a dévoilé ... son très attendu plan de réorganisation censé tirer les leçons de la crise financière qui a touché de plein fouet l’établissement, nationalisé partiellement pour éviter la faillite.

Première information de taille : Dexia prévoit une perte 2008 de 3 milliards d’euros dont 2,3 milliards au quatrième trimestre, sur lesquels 1,7 milliard vient des activités d’assurance de la filiale américaine FSA, enc ours de cession, une opération en bonne voie selon la banque. Malgré cette perte, la direction annonce que son ratio de solvabilité dit "tier one" devrait être supérieur à 10% à fin décembre 2008 après la vente de FSA..."

Deuxième acte :

Après ces lourdes pertes les Etats de tutelle de l’établissement (Belgique, France, Luxembourg) ont apporté leur soutien a Dexia :
- recapitalisation à hauteur de 6,4 milliards d’euros,
- maintien d’une garantie jusqu’à 150 milliards d’euros,
- garantie des Etats belges et français de 16,9 milliards d’euros (sur actifs) pour permettre la vente de la filiale américaine FSA (à l’origine des difficultés).

Troisième acte :

Dexia ainsi renflouée et après avoir annoncé quelques mesures d’économie est fière d’annoncer pour le premier trimestre 2009 un bénéfice de : 251 millions d’euros.

Voilà donc une mauvaise situation promptement rétablie. Félicitations.

Epilogue :
Si l’on prend le cas d’un contribuable qui a contribué à financer les équipements de sa commune (construits avec de l’argent prété par Dexia) il est probablement content d’apprendre qu’il a aussi payé pour renflouer la banque qui avait fait des bêtises.

Comme le dit fort à propos Anne Roumanoff : "On ne nous dit pas tout !"
Jacques Solomiac