Contre la tempête du progrès pour une insurrection pacifique

Ça se passe aujourd'hui

Le 24 octobre 2018

Editorial 17 février 2011

Dégage !

Tunisie, Egypte, ... Le peuple a fait partir le dictateur qui s’enrichissait alors que la misère gagnait la populace dans une forme de gangrène.

Dégage !
Les tunisiens ont commencé comme ça. Dégage ! Ils ont demandé aux dictateurs de partir et ceux-là sont partis.

Prise de conscience inattendue ? Non. Tout peuple opprimé finit par faire sa révolution.
Depuis le milieu du 17e siècle (1641-1649 en Angleterre) les révolutions ont parcouru le monde pour beaucoup d’espoirs souvent déçus.

La révolution est un changement provoqué par un peuple en colère qui bouleverse l’ordre établi de façon radicale en particulier dans les instances politiques et sociales des États.

Une crise financière comme révélateur

En Occident, dans les pays dits du Nord ou encore développés, la crise financière de 2008 est venu stigmatiser les travers du capitalisme libéral qui n’a de sens que pour ceux qui empochent d’incroyables "bonus".

La crise ne devait pas durer. Elle nous entraîne pourtant vers un changement profond qui va être difficile à supporter. Il faut changer radicalement d’objectifs. La croissance infinie comme seul but est impossible à envisager.

En France l’équation est simple : moins d’emplois, un pouvoir d’achat en recul sensible, une dégradation toujours plus flagrante de la qualité des produits de consommation courante. A ces inconvénients "domestiques" s’ajoutent comme des provocations un étalement de profits énoncés en milliards d’euros pour les grandes compagnies et les banques.

Le peuple en difficultés ne comprend pas que ses colossaux profits ne viennent pas au secours d’une situation d’endettement abyssale des finances de l’État. Ou plus prosaïquement que ce trésor vienne alléger, pour les banques, les frais toujours plus élevés qui sont facturés aux clients ...

Cumulés ces centaines de milliards d’euros pourraient permettre une réorganisation de nos systèmes productifs (et de nos modes de vies) pour un recadrage salvateur de notre société.

Les peuples apathiques

Au lieu de partager, ou d’investir pour l’avenir de l’humanité, les grandes compagnies, les riches, préfèrent distribuer des dividendes à des familles fortunées qui ne paient que très peu d’impôts.

Ainsi perverti le capitalisme va à sa perte. Mais c’est une autre histoire. Chacun de nous et les dirigeants en premier lieu ont bien compris comme le sage le conseille qu’il faut vivre l’instant présent. Alors tant qu’il y a des profits il convient d’engranger. Les générations suivantes se débrouilleront.

Le peuple, lui, rà¢le en silence. Élevé dans le culte de la consommation de masse, bercé par des médias "aux ordres" (presque tous les grands médias français sont la propriété du grand capitalisme : Bouygues, Bolloré, Dassault, ...). Il subit.

Les syndicats sont très occupés à défendre les avantages acquis. Avec peu d’adhérents ils ne sont plus représentatifs et mènent des combats d’un autre temps qui finissent par détruire les capacités productrices qu’ils contrôlent. Les exemples des dockers ou des ouvriers du Livre sont de bonnes illustrations de la capacité destructrice de la gestion syndicale.

Alors le peuple est atone. Il a face à lui :
- les politiques plus pressés de profiter à titre personnel de leur situation que de l’intérêt général,
- les riches qui ne veulent rien là¢cher de leurs fortunes,
- les syndicats plus préoccupés par la sauvegarde leurs avantages que par le bien être de travailleurs,
- les banques qui font quand même une partie de leurs bénéfices sur son dos, ...

Il regarde comme un bon documentaire les révolutions se faire autour de la méditerranée.

Dégage ! A qui pourrait-il demander de partir ? Puisqu’il se contente de sa situation.

Jacques Solomiac