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Climat 11 octobre 2006

Barrage de Charlas

Nelly Olin, ministre de l’Écologie a indiqué qu’elle soutenait le projet de grand réservoir de Charlas qui attend le feu vert du gouvernement depuis 1983. Ce projet, controversé depuis 23 ans, a donné provoqué d’interminables polémiques entre les partisans et les opposants de la réalisation du barrage.

C’est au moment où le renforcement de la ressource en eau était annoncé hier à Toulouse, que Nelly Olin a fait sa déclaration.
En effet, le débit de la Garonne est au rouge sur les indicateurs du SMEAG (Syndicat mixte d’étude et d’aménagement de la Garonne). « Du jamais vu depuis 50 ans », annonçait Bernard Leroy, un observateur privilégié des débits d’étiage du fleuve. « Nous commençons avec un mois d’avance les là¢chers d’eau à partir de l’Ariège à raison de 5 m3/seconde. à€ Toulouse, le déficit est de 100 m3/sec.
Tous les records depuis 50 ans ont été battus. à€ Agen-Lamagistère, la Garonne est sous le seuil d’alerte sécheresse à 56 m3/sec. Si cette situation se poursuit pendant trois jours consécutifs, les préfets pourront prendre des mesures de restriction d’usage, susceptibles d’aller jusqu’à moins 30 % des prélèvements. Ce déficit très inquiétant découle des faibles précipitations de ces six derniers mois et de la fonte rapide d’un faible manteau neigeux.
« Je soutiens le programme ... », a précisé la ministre. « Jusqu’à présent Paris s’opposait à ce projet. La situation a changé. La sécheresse qui touche régulièrement notre région a certainement contribué à ce revirement », s’est félicité Jean-François-Poncet.
Comment financer le projet ?
Le président du SMEAG, Jean Cambon, se félicite de la nouvelle position de l’administration sur ce dossier et précise ses réserves sur le financement du projet : « Les collectivités locales attendent que l’État indique le montant de sa participation. Selon le plan de financement prévu, l’Agence de Bassin contribuerait à hauteur de 50 %, les Collectivités à 25 % et l’État à 25 % ».
Dans l’entourage de Nelly Olin, au ministère de l’Écologie on indique que « l’État s’engage à hauteur de 125 millions € », sur un investissement global de l’ordre de 300 millions. « L’échéancier n’est pas dans les seules mains du Comité de bassin », a précisé son président. Les autres acteurs du secteur (Agence de l’eau, Établissement public territorial de bassin et l’État…) doivent s’entendre sur la répartition des participations financières.
Sur la base des études déjà réalisées l’ouvrage mobiliserait 625 hectares et permettrait de stocker 110 millions de m3 d’eau. Cinq communes du Comminges sont concernées : Charlas, Saman, Sarremezan, Cardeilhac et Saint Lary Boujean.
Sur la motivation à mener à bien ce grand projet les avis disvergent. Si la principale raison d’être de cette super-retenue est l’alimentation des rivières "aval" en déficit.
Les opposants ont à plusieurs reprises dénoncé le soutien de l’irrigation des terres agricoles pendant l’été (culture du maïs. Un autre argument est défendu par les promoteurs du projet : faire face à l’accroissement démographique de l’agglomération toulousaine et des villes riveraines.
Pour conclure M. Jean François- Poncet est catégorique : « Ce barrage est fondamental. Il va permettre d’éviter que la Garonne ne s’assèche ».

> Historique du projet.