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Le 15 novembre 2018

Editorial 5 juin 2008

Agriculture, consommation, santé : impossible cohabitation

Les agriculteurs sont de fait des pollueurs. Les consommateurs avalent sans discernement tout ce qui leur est proposé. La santé des français s’accommode des ambitions de l’industrie agro-alimentaire et pharmaceutique.

Au début des années 50, à la moitié du 20e siècle, il fallait mieux nourrir les français trop privés par trois guerres successives. L’agriculture est devenue intensive. Les grandes industries chimiques ont saisi l’opportunité de vendre des aliments, engrais, pesticides, herbicides et autres polluants dont les effets sur la nature et l’homme n’ont intéressé personne.

Les vaches qui naturellement se nourrissaient avec de l’herbe se sont vu proposer des farines d’origines tellement étranges que les bovins ont développé des pathologies mystérieuses (vache folle). Les poulets ont du ingurgiter des hormones et se sont vu confiner dans des espaces si restreints (jusqu’à 12 au m²) qu’ils en ont perdu les coutumes des gallinacés jusqu’à les tremper dans des bains chlorés aux Etats-Unis avant de les consommer.

Un cercle qui n’a rien de vertueux

Les humains doivent manger pour vivre. La qualité de la nourriture qu’ils absorbent doit donc être la meilleure possible pour que leur santé soit préservée.
Depuis les orgies romaines les excès de nourriture et de boissons qui contrarient l’état de santé de l’espèce humaine ont nécessité l’apparition de corporations de médecins, chirurgiens, pharmaciens et guérisseurs en tous genres avec les infrastructures sociales inhérentes.

Chaque étape du processus qui nourrit les hommes : culture, élevage, transformation, distribution à vu dans la surconsommation proposée aux humains le moyen de gagner de l’argent, toujours plus d’argent.

La croissance n’est pas toujours éthique. En dégradant à l’extrême la qualité de la nourriture le système productif à fait abstraction du corps humain. Celui-ci à développé de nombreuses pathologies qui nécessitent un arsenal sanitaire et social des plus couteux.

Un système en perdition

En ce début de 21e siècle la culture des OGM est justifiée par ses supporters pour nourrir les populations en détresse. Les biocarburants pour ses détracteurs sont la cause des hausses exagérée des produits alimentaires. Mais à y regarder de plus près la spéculation s’est insidieusement immiscée dans toutes les brèches du système et sans honte elle affame une partie de l’humanité au seul profit des intervenants sur les marchés à terme de marchandises.
Le principe selon lequel la technique et les sciences peuvent venir à bout de tout obstacle semble ici être en échec. La conjonction de la frénésie des spéculateurs, les changements climatiques, la disparition accélérée des espèces devrait nécessiter une remise en question des orientations politiques pour sortir du système : pouvoir d’achat, consommation, production, profit, santé, croissance, trou de la sécurité sociale, écologie, développement durable, ... Autant de concepts qui amalgamés n’ont pas de sens et qui finissent par s’annuler tant ils sont contradictoires.

Critiquer sans proposer

Alors quoi faire ? Le bon sens nous donne quelques indications :
- Pourquoi s’obstiner à produire des voitures toujours plus chères, puissantes et sophistiquées alors que depuis les crises pétrolières de 1973 et 1979 les perspectives de production d’énergies fossiles ne sont pas assurées ?
- Pourquoi bruler les montagnes de déchets ménagers alors que le peu d’études réalisées montrent depuis des décennies que la dioxine et les particules rejetées par les incinérateurs provoquent des cancers ?
- Pourquoi avoir autorisé les agriculteurs à tant déverser de produits chimiques dans leurs champs au point de tout polluer : nappes phréatiques, sols, air, fruits et légumes (traces de pesticides et insecticides) et de détruire la faune et la flore ?
- Pourquoi distribuer des aides aux corporations qui devraient faire l’objet de réorganisations profondes ? Laisser croire aux transporteurs routiers, aux pécheurs, aux agriculteurs, aux buralistes, ... que leur métier peut continuer à se développer dans des conditions viables est une tromperie.
- Pourquoi réformer sans cesse le système de santé ou d’éducation ? C’est un constat permanent d’échec.

Il faut maintenant prendre conscience que nos habitudes nous ont anesthésié. Il va falloir apprendre à vivre (consommer, travailler et se distraire) autrement. Sans cet effort nous signons la fin de l’espèce. JS

Pour compléter l’information, un article d’Yves Cochet du 30 mai 2008 : La fin du monde tel que nous le connaissons