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Le 20 octobre 2018

Editorial 23 septembre 2008

1 000 milliards de dollars. Et après ?

Les chiffres les plus fous circulent au sujet des sommes à investir pour couvrir les pertes des grandes banques américaines. Le plus extraordinaire est que personne ne semble rien contrôler et encore moins connaître le volume réel des pertes.

L’important a été d’arrêter l’hémorragie. C’est fait. Les bourses mondiales se sont même payé le luxe de repartir à la hausse.

La folie semble avoir gagné tous les gestionnaires des banques, fonds de gestion, assureurs, agents de change et autres boursiers. Faire n’importe quoi est une sorte de credo pourvu que la finalité soit : gagner le plus d’argent possible dans le délai le plus bref.

L’immobilier américain comme catalyseur

Le culte américain de la grande maison dont il faut être propriétaire a fini par révéler les pratiques douteuses des marchands de crédits aux Etats-Unis. La crise de l’immobilier s’est propagée en Europe ou les marchés d’achat et vente de logements sont "en attente". Le coupable c’est un type de crédit : subprime.
Les crédits "subprime" sont des prêts immobiliers accordés à des ménages américains aux revenus modestes. Les mensualités de remboursement sont abaissées les premières années mais par la suite les taux d’intérêt sont variables et de niveau élevé. En raison de la fragilité financière des ménages concernés par ce type de prêt, un grand nombre d’entr’eux peut se retrouver en situation de ne plus pouvoir payer les échéances de leur crédit immobilier.

Le Center for Responsible Lending chiffre à quelque 20% la proportion d’emprunteurs "subprime" qui pourraient perdre leur logement aux Etats-unis. Ils représentent près de 15% du total des crédits hypothécaires américains (plus de 10.000 milliards de dollars).

2.500 milliards de dollars

C’est l’encours estimé des "hedge funds"* mi-2008. Ce montant est approximativement le PNB français. 40% de ces fonds sont gérés aux États-Unis et la place de Londres représente à elle seule 400 milliards de dollars. Les 1.000 hedge funds qui y sont implantés représentaient les quatre cinquième des encours européens. Si l’on prend en compte des fonds de hedge funds et les hedge funds américains ayant une salle des marchés en Europe, la part de Londres dépasse les 90 %. Les hedge funds servent aux banques à faire "travailler" leur argent. Imaginons que les banques soient obligés de se retirer massivement de ces fonds qui investissent dans les bourses mondiales ?

L’économie mondiale tient à pas grand chose : des américains surendettés et des banquiers peu scrupuleux qui de toute façon feront payer leur laxisme à leurs clients.

Voir aussi sur le Monde Diplomatique : Crises financières, n’en tirer aucune leçons

* Hedge Fund : Fonds de placement collectif bénéficiant d’un cadre juridique très souple. Tout est dit. NDLR

Jacques Solomiac